Relation mère-fille chez le psy !
Artiste inconnuCette amie est comme une soeur pour moi, je la connais depuis que je suis née. Et depuis toujours, je l'ai vue en conflit avec sa mère et souffrant d'un manque d'amour énorme et d'une impossibilité à communiquer qui est devenue chronique et même dégénérative avec le temps.
La quarantaine entamée et sa relation avec sa mère ne s'étant pas améliorée, elle a proposé à sa mère d'aller voir un psychiatre spécialiste de la famille. Et c'est ce premier rendez-vous qu'elle m'a raconté ce soir...
Et cet échange entre elle et moi me travaille... et je ne peux m'empêcher de penser à ma propre mère et à cette relation devenue inexistante avec elle depuis que j'ai commencé mon analyse...
Ma douleur est celle d'une fille qui ne ressent aucun désir de la part de sa mère de la connaître telle qu'elle est vraiment et de l'aimer ainsi. C'est comme si cela était impossible pour ma mère, comme si elle ne pouvait s'autoriser à "m'aimer" que si je ne suis pas moi-même, que si je me soumets à sa volonté, que si je suis un robot, l'ombre de moi-même, soumise et disciplinée.
Avoir en face d'elle une personne entière, sa fille, sachant penser par elle-même, la remettre en question et la voir telle qu'elle est lui est insupportable. Et surtout, ce qui est par-dessus tout impensable, c'est que je remette en question son éducation, et que je lui dise ce que je ressens par rapport elle : enfin que je lui dise que j'ai souffert de la mère qu'elle a été pour moi.
Alors je m'imaginais à la place de cette amie, avec ma mère à côté de moi, en face d'un psy quelconque, dans une démarche plus ou moins ouverte pour retrouver un dialogue, un lien... quelque chose, quoi... au lieu de ce néant... mortel... de ce vide, de ce silence... jusitifié par ma méchanceté ou ma folie... d'avoir osé parler... de ce que des générations de femmes de cette famille avant moi avant mis tant d'énergie à taire, à cacher, à voiler...
J'ai osé l'impensable...
J'ai osé parler...
J'ai osé vouloir voir, vouloir savoir, vouloir comprendre cette famille dysfonctionnelle, souffrante mais perpétuant le déni pseudo-salvateur...
Oui, j'ai osé et j'en paie le prix fort : je suis bannie, rejetée, méprisée, traitée de folle et surtout mise à l'écart. C'est le seul moyen qu'ils ont trouvé pour pouvoir continuer à nier, le seul, pour mon père et ma mère et mon frère... le seul...
Alors que se passerait-il devant un psy ? Et si elle prenait conscience, ne serait-ce qu'un tout petit peu, de ma réalité, de sa réalité ?
Et si le château de carte s'effondrait ?
Et si le voile était levé ?
Et si... ?
Je rêvais...
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