Être soi-même
Le regard franc de cette femme peul illustre à merveille mon article de ce soir dans lequel j'ai envie de parler du fait d'être moi-même.
J'ai appris, au fil des années de thérapie et de vie commune avec mon amoureuse, à être moi-même, sans faux semblant, de plus en plus souvent. Cela ne veut pourtant pas dire que je le suis toujours et que c'est facile.
J'ai grandi dans une famille qui ne soucait que des apparences et aucunement de ce que les individus de cette famille pouvait ressentir. J'avais l'habitude d'être dévisagée des pieds à la tête par ma mère dès que j'arrivais chez elle, et elle ne se privait jamais de critiquer, selon l'humeur de jour, soit ma coiffure, soit mes chaussures, soit autre chose encore qui lui aura plu ou déplu. C'était l'inspection de mon apparence.
Le mot même de "ressenti" n'a pas fait partie de mon vocabulaire jusqu'au jour, à l'âge de 28 ans, où mon psy m'a proposé de faire du travail de groupe. Je lui ai demandé en quoi cela consistait et il m'a répondu qu'entre autre, les personnes participantes partageaient leur ressenti. Et ce dernier mot m'a choquée ! Je n'étais pas habituée à son utilisation !
Puis, j'ai appris par la suite à exprimer justement mon ressenti après l'avoir conscientisé. Mais ce travail sur moi a provoqué une coupure d'avec le fonctionnement familial traditionnel, personne n'ayant entamé de travail sur soi. Je suis alors devenue une extra-terrestre qui souhaitais dire ce que je ressentais, et aussi, à mon grand malheur, être entendue et reconnue dans mes ressentis.
Peine perdue.
Ce type de fonctionnement n'a pu être toléré. On m'a traiteé de folle.
Mais moi, je me suis retrouvée... jour après jour, semaine après semaine... mois après mois...
J'ai redécouvert le monde des sentiments, des émotions... puis des émois...
Au jour d'aujourd'hui, j'ai du mal à apprécier les personnes qui sont embourbées dans le monde des apprences et chez qui l'authenticité de leur être est difficile à percevoir. J'essaie le plus possible de m'écouter et d'être moi-même, et mon amie m'aide beaucoup en cela. Elle est si vraie, ne cherche jamais à cacher la merdre au chat et n'essaie pas de nier les souffrances de la vie, que cela m'aide beaucoup à être moi-même avec elle. Elle m'accepte comme je suis, du mieux qu'elle peut, avec tous mes travers...
Et je sais que je me sens bien avec les personnes qui ne jugent pas mon apparence mais qui sentent ce qu'il y a au fond de moi.
Alors un partage vrai peut avoir lieu, et c'est un bonheur.
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