Deux pèlerins de Saint Jacques de Compostelle, dessin de Louise Ulrich of Prussia (site)
Ce soir, j'ai envie de vous parler d'un "événement" important dans ma vie : le pèlerinage que j'ai effectué vers Saint-Jacques de Compostelle.
Comment cette idée folle m'a prise ? Je ne saurais trop vous dire... une amie à moi, qui m'attirait à l'époque, l'avait fait... et ça m'a donné envie... sans autre raison particulière...
Pourquoi est-ce que je l'ai fait ?
Dans quel but ? Je n'en sait rien... peut-être simplement pour le faire. Je n'avais aucun but en soi, aucune demande... seulement
un appel à le faire.Quand l'ai-je fait ? Pendant 32 jours entre juillet et août 2002.
Quel portion du chemin ? De Saint-Jean-Pied-de-Port à Saint-Jacques de Compostelle.
Je vais maintenant reprendre un style un peu narratif pour partager avec vous ce qui m'a marquée de ce chemin en solitaire.
Chapitre 1 : Saint-Jean-Pied-de-Port - Refuge de Unto (Pyrénées)Je venais de rencontrer Marie en mars. Nous étions très fusionnelles et c'était la première fois que j'aimais, désirais : c'était le paradis ! Mais j'avais prévu de longue date ce chemin et ai décidé de ne pas l'annuler. Je ne vous cache pas que la séparation de 5 semaines à été très difficile...
Alors j'ai réfléchi au trajet que je souhaitais suivre et m'est venue à l'idée de
m'arrêter d'abord à Lourdes. Pourquoi ? Je ne l'ai compris, je crois, qu'une fois sur place.
Le jour de mon départ en train, Marie m'a accompagnée jusque sur le quai. La séparation à venir était angoissante. Je lui ai dit au revoir, mi-triste mi-excitée et ne me suis pas retournée. Elle, s'est contenue jusqu'à mon départ et puis s'est laissée aller, sanglotant à chaude larmes, dans les couloirs de la gare.
J'ai cherché ma couchette et me suis installée.
Le matin, je suis arrivée à Lourdes. J'ai cherché la grotte. L'ayant trouvée, je me suis assise sur un petit muret et ai observé l'arrivée par vagues de différents pèlerins, dont beaucoup d'handicapés. Puis,
soudain, j'ai compris pourquoi j'étais là ! Le fait que je n'étais pas sportive, donc pas en très grande condition physique, n'avait pas d'importance ! Je n'étais pas handicapée,
j'étais en bonne santé, alors je terminerais ce chemin de Saint-Jacques !L'après-midi, j'ai repris un train qui m'a amenée jusqu'au départ de mon périple de plus d'un mois : Saint-Jean-Pied-de-Port ! Là, je me suis procurée
le carnet du pèlerin sur lequel je devais faire apposer tous les tampons de mes étapes, preuves de mon pèlerinage indispensable pour pouvoir dormir dans les refuges et obtenir la credential (attestation du pèlerin) à Compostelle.
En sortant du train, j'ai entendu quelques pèlerins dirent qu'ils allaient partir maintenant (il était déjà presque 17h00 !) pour le début de la montée des Pyrénées, histoire d'écourter l'étape du lendemain. J'ai trouvé l'idée excellente et me suis mise sur le départ à mon tour.
Deux heures de marche en montée plus tard, je suis arrivée au refuge et j'ai pu constater
une ampoule au doigt de pied, première d'une longue série ! Mais mon bonheur d'être sur le chemin n'était aucunement altéré ! Dans ce refuge, j'ai fait la connaissance d'un pèlerin sur les routes depuis plusieurs semaines déjà et qui ricanait et doutait de ma capacité à terminer le chemin. Je me suis dit, en mon fort intérieur
"Rira bien qui rira le dernier !".
À suivre...
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