Ressentir : je ressens... tu ressens... il/elle ressent...

Publié le par Elena

Naissance d'un ange, peinture de Jonathan Earl Bowser (site)

Aujourd'hui, je voudrais vous parler d'un des tournants de ma vie.

J'avais 28 ans et je débutais ma thérapie : la somatanalyse (site).

Après quelques mois de séances individuelles, mon analyste m'a proposé de faire de la thérapie de groupe. N'ayant jamais entendu parlé de ce type de thérapie, je lui ai demandé de me décrire ce qui s'y passait. "Les gens partagent ce qu'ils ressentent...", m'a-t-il dit.

Je n'ai pas compris, j'étais étonnée, surprise...

Je n'avais jamais utilisé ou entendu ce mot dans ma famille : "ressentir..."

Mot d'une étrange connsonnance, sans résonnance intérieure... aucun écho en moi pour me faire comprendre son sens... que dis-je... ressentir...

Chez moi, on pensait, on argumentait, on devait, on agissait, on raisonnait, on... utilisait le mental pour tout justifier et humilier tout ce qui faisait la vulnérabilité de l'être humain.

Et alors là : on nous demandait de ressentir !

Mais le ressentir ne peux en aucun cas être justifié ou argumenté !!!!

Et d'abord, je ne savais pas comment ou ressentait...

Et le premier jour du travail de groupe, j'ai vu des femmes pleurer... Je suis restée coi... cela était incroyable pour moi.... et il me semblait que je ne pourrais jamais me laisser aller...

Et puis, la thérapie avançant, plusieurs mois plus tard, des larmes ont coulé de mon visage en séance individuelle. Mes défenses, mes barrières lâchaient imperceptiblement... je m'ouvrais tout doucement...

Mais ces larmes m'ont terrorisées, moi qui était une enfant qui ne pleurait jamais, jamais, même toute petite, à telle point que ma mère disait qu'elle se levait la nuit pour voir si j'étais encore vivante. Et au premier jour de crèche, je n'ai pas pleuré, je suis partie, silencieuse, tout semblait très bien se passer... c'était faux : je ne voulais plus manger car j'étais triste, mais je ne pleurais pas.

Alors après avoir versé mes premières larmes chez mon analyste, j'ai eu le sentiment que mon corps se désagrégeait pendant une semaine entière : toutes les cellules de mon corps tremblaient séparément les unes des autres.

Et puis lorsque j'ai rencontré Marie et que j'ai pleuré pour la première fois, je me suis cachée, tant j'avais honte et peur qu'elle m'humilie...

Et au fil du temps, je me suis réapproprié les émotions, lentement mais avec de plus en plus de sécurité pour enfin les vivre comme faisant partie de mon être.

Avant la thérapie, je disais que je "végétais", maintenant "je vis" !!!

Publié dans Réflexions...

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La petite cerise sur le gâteau 01/02/2007 14:45

Puiser au fond de soi pour retrouver son essence...ton article est impressionnant de vérité et de sincérité sur toi...merci Elena !

Elena 01/02/2007 18:23

Merci, petite cerise... Bises...

Yog 28/01/2007 09:45

Je ne connaissais pas la somatanalyse. En effet, c'est par le corps qu'on ressent les émotions. Le Yoga permet aussi de se mettre à l'écoute de son corps, de se le réapproprier et ainsi d'être en contact avec nos émotions. D'ailleurs la pratique yogique peut devenir une vraie thérapie, dans le sens qu'elle permet de libérer des émotions enfouies.
Tu dis, Elena, que tu ne pleurais jamais quand tu étais petite. Personnellement, j'avais le problème inverse, j'étais un hypersensible. Il m'arrivait d'avoir des crises de larmes que je ne pouvais absolument pas contrôler. Ma première année au collège a été terrible et j'ai fini plusieurs fois à l'infirmerie pour cause de crise de larmes.

C'est bien que tu t'autorises à ressentir tes émotions. C'est important d'être à l'écoute de soi. Avec le temps, cette écoute s'affine et il est alors possible de connaitre instantané nos besoins et tendre vers ce qui participe à notre équilibre.

Merci pour ce partage.

Amicalement

Yog

Elena 28/01/2007 11:44

Je vois qu'on a tous un chemin différent à faire, mais je crois ne pas trop m'avancer en disant que tu pleurais beaucoup parce que tu était hypersensible et que moi je ne pleurais pas aussi parce que j'étais hypersensible et que c'était ma façon à moi de me protéger d'une incpompréhension parentale et surtout d'une humiliation : ne surtout rien montrer... à telle point que je me suis coupée de tout mon être vivant, pour jouer la morte-vivante...En tous les cas, ton travail sur toi semble faire que tu te sens chaque jour mieux dans ton être et c'est le but !Bises, Yog !

Olivier 28/01/2007 02:32

Bonsoir Elena!
Ton texte est très poignant...
Beaucoup d'émotion en te lisant.
Les larmes font que nous sommes en vie...
Je t'embrasse,
A très bientôt.
P.S: de nouveaux éléments dans ma vie font que je pense pouvoir désormais venir de nouveau beaucoup plus souvent.
Olivier
 

Elena 28/01/2007 11:38

Je suis vraiment contente d'avoir de tes nouvelles, Olivier...Et j'aime beaucoup ta sensibilité !!!Bises...

PhÚne 27/01/2007 17:06

Re-ssentir, c'est sentir une nouvelle forme de vie de Soi. Il faut  apprendre à vivre ses émotions naturellement et pleinement pour se sentir vivant...
amicalement,

Elena 27/01/2007 17:40

Tout à fait d'accord avec toi, Phène, et je peux dire que je l'ai expérimenté...Bises...

Loona 26/01/2007 18:59

tres belle évolution , merci pour ton soutien sur mon blog , tres bonne soirée a toi bizz

Elena 26/01/2007 23:07

Merci d'être passée chez moi, Loona, et courage à toi !Bises...