Effractions...

Publié le par Elena

Photographe inconnu


Je vous présente aujourd'hui un poème que j'ai écrit il y a environ 2 ans... il est dure à lire et raconte une partie de mon histoire...



Effractions

 

 

À 4 ans

 

Cet homme mince et grand

Dans le hall de l’immeuble

Patiemment attendant

De croiser mon âme faible

 

Puis le moment tant attendu

Enfin arrivé, par malheur…

M’emmenant de force, moi tendue

Dans une poussette, envahie par la peur

 

Local sombre, témoins vélos et poussettes

De mon agression muette

Il m’embrasse à pleine bouche

Moi immobile, sidérée dans ma couche

 

C’est enfin fini, je suis libérée

Mais mon âme fractionnée

Mon esprit choqué

Se souviendront, à tout jamais marqués

 

 

À 12 ans

 

Innocence de la pré-puberté

Insouciance de la confiance aveugle

Pas de père, mais un beau-père prêté

Qui, Avec l’impensable, jongle

 

Ma mère le délaissait, il m’aimait

Je lui ressemblais tellement…

Puis un jour, sur son lit défait

Le coupable m’attire et me ment

 

Mon slip pour seul vêtement

Son slip pour seule pudeur

Il me caresse tendrement

Mais seul m’envahit la peur !

 

Je ne suis pas à ma place… !?

Que fais-je là ?? Avec lui ?

Que fait-il ? Ce sentiment qui me glace … ?

Que se passe-t-il ? Je reste ou je fuis ?

 

Totale incompréhension de ce que je ressens…

Mais l’appel du dehors est plus fort !

Que faire ? Ca va finir… ? J’attends…

Pour m’enfuir au dehors…

 

Il m’aimait

J’étais sa préférée

Il se sentait abandonné

Je le consolais

 

Mais la trahison fut sa seule réponse

La blessure profonde comme seule récompense

Puis l’abandon de sa fille d’adoption

À moi de vivre avec l’effraction

 

 

À 16 ans

 

Il était comme mon frère

Me désirait comme un amant

Voulait me faire découvrir la terre

Et ses plaisirs, intimement

 

Moi, immobile, fermée, observant

Lui, curieusement m’explorant

Non, je ne ressens rien

 De toute cette sensualité ne veux rien

 

Je ne le désirais pas

Il me voulait

Je n’étais qu’un appât

Peu importaient mes souhaits

 

J’ai observé, curieuse de ces choses du corps

Je ne comprenais pas… du désir ?

Mon corps ne ressent rien, ai-je tort ?

Je voulais savoir…, ressentir…

 

 

À 18 ans

 

Mon faux-frère, toujours amoureux !

Me désir et me veut

Un voyage à Paris

Tel était son pari

 

3 jours… dormir chez une amie…

Le soir, un divan déplié fait office de lit

Moi à gauche, lui à droite

Comme deux frères qui s’emboîtent

 

Puis la nuit s’annonce, paisible et douce

Mais soudain quelque chose pousse

Veut s’enfiler, pénétrer

Ses doigts veulent entrer

 

Mon corps ? À qui appartient-il ?

À celui qui le touche ? Il n’est pas mien…

Je n’ai aucun droit ! Que fait cet homme vil ?

Il s’approprie ce qui n’appartient à personne, tiens !

 

Je n’ai qu’un seul droit : me laisser toucher

Qui le veut le peut !

Il entre dans mon vagin, je suis couchée

Mon corps réagit : c’est bon… mon dieu !

 

Je suis complice, mon corps aime…

Mais je n’ai rien choisi

Mon corps seul réagit, même

Si mon âme en est cramoisie…

 

Suis-je coupable de ne pas avoir dit non ?

Suis-je coupable d’avoir pris du plaisir de mon corps ?

Suis-je complice de l’acte immonde mais quelque part bon ?

Où était mon désir ? Suis-je responsable encore ?

 

Non, non, non et non ! Voilà la vérité :

Abus de confiance, de soumission, de mal-être

Abus de mon corps incertain et soumis en vérité

Victime de mon éducation, mon incertitude à être

 

Voilà la vérité !

 

 

À 20 ans et plus…

 

Mon corps ne m’appartient pas

Et ne m’a jamais appartenu

Aucun désir, aucun sentiments, aucun émoi…

Je ne suis pas comme tout le monde, perdue

 

Je drague, je provoque, je cherche

Je dois faire comme les autres

Coucher, ne plus être vierge, moi la grande perche

Comme tout le monde, normale, pour être des vôtres

 

Je ne suis pas amoureuse, ne vous désire pas, messieurs

Mais une femme doit aimer un homme

Alors je fais semblant et invente un nouveau jeu

Celui de moi avec un homme, puis des hommes

 

Mon corps ne m’appartient pas ? alors je vais le vendre

De l’argent facile, rien ne me touche !

Moi et mon corps : deux choses différentes ! Prendre,

Donner, mon corps est là qui se couche

 

Je suis l’ombre de moi-même mais ne m’en rend pas compte

Je voudrais ressentir… Mais rien !

Ressentir ? Je ne connais pas ce mot, ce joli conte

Ce n’est pas ma vie, seul le vide vient

 

Puis je me ressaisis, je pars, le laisse seul

Il ne comprend pas, pourquoi ?

J’ai besoin de me retrouver, me ressaisir, seule

Minuit ? Deux heures ? Je rentre ! Pas de pourquoi !

 

C’est comme ça, c’est tout ce que je peux donner…

Ce n’est pas moi, mon désir intime

C’est la société, la dictature, la normalité

Moi je suis différente, je ne veux plus être un mime

 

Je suis différente, c’est ainsi

Je n’ai pas choisi, c’est comme ça

Personne n’a le droit de me juger pour ça

Je veux vivre comme je suis

 

Libre dans ma différence… !

Publié dans État d'âme...

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à tire d'El 06/02/2007 14:04

Chère ElenaTu as écris ce que je ne pouvais exprimer, tes peurs, tes pleurs, tes interrogations, tes doutes, tout ce qui fait que la vie a basculé un jour, parce qu'un homme a pris ton corps, le mien, celui de toutes nos soeurs... Je n'ai jamais pu en parler, pendant 40 ans j'ai vécu avec cette histoire enfouie au fond de moi.... mais maintenant, à 55 ans,  j'ai décidé d'essayer de sortir de cette souffrance.  Je l'ai ficelé mon histoire, noyée , construit ma vie sur des ruines.... Je ne pense pas m'en être mal sortie, mais ça me ronge toujours. C'est une blessure, une déchirure que je ne pourrais jamais oublier, mais le temps adoucit la peine... bien à toià tire d'El

Elena 07/02/2007 18:39

Bonjour à tire d'El,Tout d'abord je voualis te remercier d'avoir pris la peine de me laisser un message, je pense que ça n'a pas du être très facile...Tu sais, l'important c'est de parler, de se délivrer de ces secrets enfouis et qui deviennent notre honte...Point de honte, seul doit rester le sentiment d'avoir été victime. Et si tu peux en parler à présent, alors rien n'est perdu. Tu as en effet déjà construit une partie de ta vie, mais tu es encore vivante et tu as encore plein de choses à vivre. C'est comme cela que je vois les choses : il n'est jamais trop tard pour parler, reconnaître ses souffrances, les dire, en parler et libérer la honte et les autres sentiments et émotions enfouis qui bloquent les énergies vitales !Bises à toi et encore merci pour ton témoignage ! Et je te souhaite du courage pour la suite de la reconnaissance de ton histoire....

Michelle 03/02/2007 16:01

je n'arrive pas a aller sur le contact alors tant pis mais je veux te mettre ça mais garde le pour toi ne le laisse pas sur ton blog ce n'est que pour toi et pour te dire merci d'avaoi osé écrire un peu comme a ma place. Merci Elena

Juste une fille inconsciente
D'être si différente.
La tête dans les étoiles,
Car elle a mit les voiles.

Juste une fille qui a peur
De ce monde de froideur.
Elle voudrait le changer,
L'refaire à son idée.

Juste une fille éblouie
Elle a refait la vie,
Y ajoute des couleurs,
Pour oublier les pleurs.

pour toi
j'ai lu sur ton autre blog que tu veux etre assistante sociale
oui fait le !

Elena 03/02/2007 16:48

Salut Michelle !Tu sais, ça n'est pas compliqué pour me contacter : tu vas tout en bas de la page actuelle de mon blog et tu dois voir le mot "contact" sur lequel il suffit de cliquer. Tu peux alors remplir les cases et m'envoyer le message que tu souhaites.Sinon, je trouve ton poème très joli, et je ne comprends pas vraiment pourquoi tu ne souhaite pas que je le laisse sur le blog. Personne ne pourra te reconnaître, tu ne crains rien.Mais si tu désires vraiment que je l'enlève, alors dit le moi et je le ferais, je te le promets.Merci de m'avoir écrit....À bientôt !

Michelle 03/02/2007 15:50

elena j'ai essayée mais jy arrive pas alors excuse moi tant pis
merci de m'avoir quand meme repondue
merci

Michelle 01/02/2007 21:51

j'aimerais de te parler
mstu33@hotmail.fr
bisous

Elena 01/02/2007 22:12

Salut Michelle ! Tu peux me contacter en cliquant sur "contact" en bas du site...À bientôt ?

Loona 26/01/2007 19:04

tu expliques tres bien ton calvaire , c'est tres dur , courage bisou

Elena 26/01/2007 23:08

Merci pour ta compréhension, Loona.Aujourd'hui, je vais très bien !Bises...