De la colère au désespoir...

Publié le par Elena

La colère de Gollum, illustration de Ted Nasmith

C'est en lisant l'article de Cassandre sur son retour du Japon et sa relation avec sa mère que la colère m'est montée... forte...

J'ai envie, au lieu de me décharger sur son blog, de réfléchir à cette colère et à ce que son article a réveillé en moi comme émotions liée à mon passé.

Je sais que toute émotion disproportionnée par rapport à une situation révèle le retour d'un refoulé ou tout du moins la réémergence de vieilles émotions enfouies et non digérées.

À partir de cela, je m'interroge et me remémore... et alors là, c'est un flot de sentiments qui défilent : me remontent alors des sentiments actuels de haine et de colère, plus particulièrement contre mon père, sentiments un peu mis de côté et suplantés par un profond mépris pour cet homme qui n'a jamais su m'aimer, jamais su être un père et n'a su que faire semblant car incapable d'assumer son absence d'instinct paternel et de désir d'enfant. Bref, je n'ai toujours pas accepté...

Et puis, me reviennent aussi des sentiments d'impuissance face à l'abus de pouvoir de ma mère. Pas de dialogue, que des realtions de pouvoir, et demande de soumission de ma part sinon... devinez quoi... ? Rupture des liens, ou devrais-je dire des pseudos liens familiaux... liens ne tenant qu'aux apparences... et c'est exactemement ce qui s'est passé depuis que je me suis révoltée ! Plus personne ne veut me voir et on me traite de folle et de tout ce qu'on veut...

Et tout le texte de Cassandre a réveillé chez moi ces sentiments que je ne supporte plus. Ca me donne envie de me révolter pour elle contre cette loi du plus fort, insensible et inhumaine, destructrice et manipulatrice... de casser la gueule à ces parents qui abusent de la fragilité des enfants, de leur détresse face à ce manque d'amour et de leur espoir illusoire mais encore présent d'obtenir une once d'attention et d'amour en se soumettant à leur dictature !

Oui, j'y vais fort mais c'est ce que je ressens !

Finis les faux-semblants ! Finis les abus de pouvoir ! Finies les relations d'apparences ! Finie la soumission !

Je préfère la réalité aux apparences trompeuses même si j'en souffre ! Et la réalité est la suivante : je n'ai ni père ni mère mais seulement des parents qui n'ont jamais assumé ce qu'ils sont , leurs enfances désastreuse et destructrice et qui se sont simplement contentés de reproduire leurs propres souffrances avec leurs enfants; ni ne se sont jamais remis en question par rapport à leur rôle de parent, préférant rejeter toute la faute sur moi, la méchanceté, l'ingratitude...

Oui, je suis encore en colère contre eux !  Oui, j'ai mal, encore... de leur absence d'intérêt, de leur incapacité à se remettre en question, et finalement de leur non envie de m'aimer et de me laisser les aimer. Et puis de me sentir le mouton noir et de porter tout le fardeau que cette famille de fous ne veut pas voir, de ce désastre transgénérationnel... je suis fatiguée... lasse...

L'amour vrai est impossible dans cette famille totalement dysfonctionnelle et psychorigide !

Oui, ça me fait encore terriblement mal de le ressentir... mais je ne veux pas pleurer, car c'est cela l'émotion tout au fond, c'est le désespoir... encore trop dure à ressentir pour moi...

Publié dans État d'âme...

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philippe 21/10/2006 20:22

Je me reconnais beaucoup dans cet article, enfin je reconnais pas mal d'aspects que je note dans ma propre famille. Tu as raison d'exprimer haut et fort ce que tu ressents, il faut que ça sorte. C'est le seul moyen pour y voir plus clair par la suite. Bravo à toi et bon courage !

Elena 22/10/2006 11:54

Merci pour ta compréhension et tes encouragements, Philippe !

Huyhuy photo 21/10/2006 20:02

 En ce qui concerne ton billet, j'ai un point de vue différent sur tout ça! Il m'est difficile de le développer par écrit, car ce n'est pas mon truc! Mais en deux mots, je ne crois pas en ce qui me concerne à une influence extérieur, sur les problèmes intérieur, que tu peux, ou nous pouvons tous avoir! je pense que les évènement extérieurs ne font que appuyer là ou ça fait mal, ne font que révéler des problèmes qui t'appartiennes! La preuve en est, ce que chacun d'entre nous réagira de maniere différente à un problème commun! Tes parents comme tu les décris, ne sont pas les seuls parents à être comme ça! Je ne sais pas si j'ai été clair! Mais en ce qui me concerne, quand j'ai réalisé que j'étais seul responsable face à mes problèmes, que j'étais seul pour les résoudre, et seul à pouvoir me dépasser, j'ai fait un grands pas!
Merci d'être passé chez moi!
Bon week end

Elena 22/10/2006 11:53

Salut Huyhuy ! En réalité, je crois que nous pensons la même chose mais à une variable près. Je vais te dire mon point de vue. L'enfant, lorsqu'il naît, a sa personnatité propre, c'est indéniable. Il va vivre, alors, certaines expériences plus ou moins traumatisantes avec ses parents. Par la suite, adulte, il rencontrera des personnes ou des événements lui remémorant, inconsciemment ou non, certaines blessures vécues enfant et non assimilées et digérées. En ce sens, je suis d'accord avec toi que l'extérieur est déclencheur seulement et réveille d'anciennes blessures. Par contre, je ne suis pas d'accord de dire que les parents, lors de l'éducation, sont seulement des déclencheurs. Ils sont, au contraire, les personnes traumatisantes originales.Voilà mon point de vue. Donc, tous ce qui peut toucher aux parents n'est pas la même choses que tout ce qui est déclenché par d'autres personnes....C'est un petit résumé de ma pensée, mais il l'exprime bien.À bientôt !

lapetitecerisesurlegateau 20/10/2006 18:56

Lorsqu'une émotion nous secoue, qu'elle soit positive ou négative, qu'elle nous transporte ou nous fasse vaciller, le risque de la vivre dans l'excès conduit à se transformer en elle. On en oublie alors qu'on est une personne en train d'exprimer une colère pour ne devenir qu'une colère. Et hop ! A la trappe, l'individu et l'être dans son entièreté, capable de penser et de prendre de la distance.  Ce n'est pas parce que je ressens la souffrance de l'autre que je deviens sa souffrance....Dans ce cas, je ne vois plus rien, et je finis non seulement par la prendre à mon compte (et sur mes épaules comme si elle était mienne), mais aussi par ne pas pouvoir aider l'autre si j'en ressens le désir. Voilà quel était le sens de mon propos lorque je parlais de ne pas se prendre pour une émotion. Il s'agit d'un travail de "détachement"....ce qui n'a, bien sûr, rien à voir avec l'indifférence... En modifiant son regard ou en reculant d'un pas, on voit mieux l'ensemble sans rien perdre de l'intensité des émotions reçues ou partagées (c'est même plus fort puisqu'on conserve son unité). Je t'embrasse. Cerisette

Elena 20/10/2006 20:04

Alors c'est le problème de l'identification à l'émotion... si on arrive à s'en distensier en prenant du recul, alors on n'est plus l'émotion... c'est ça ? Mais alors moi je dirais qu'il m'est difficile de faire ça : j'ai plutôt beaucoup tendance à intellectualiser en me donnant l'impression de me désidentifier, et la conséquence est que je ne ressens pas l'émotion...En tout cas, je trouve tes explications très claires et ça m'aide à avancer !À bientôt !

Cassandre 20/10/2006 12:26

Je comprends ta colère... j'ai analysé mon "calme" du coup... faut bien.. parce que visiblement on a une histoire qui est "similaire".. je mets entre guillemets parce que bien sûr aucune histoire n'est pareille, chacun l'appréhendant différement.De ce que j'ai lu des autres commentaires, oui, il faut que tu la laisse sortir cette colère... mais surtout pas que tu deviennes elle... il ne faut pas qu'elle te ronge... il faut... ah ah.. comme je sais comme c'est facile de dire ça... "passer outre"... avancer...Ta Foi, ta Compagne peuvent t'aider sur ce chemin long et pénible... J'ai été très en colère, aussi, j'ai tout "bousculé" sur mon passage, fait du mal à des gens que j'aimais, que j'aimes encore mais qui ont quité ma vie du fait de mon comportement.Je suis bien plus calme... mais comme tout, il faut se méfier de l'eau qui dort, j'ai encore des "sautes" d'humeurs assez violentes, mais seulement verbalement... encore que les mots sont parfois des armes plus tranchantes que les couteaux.Mais je m'égare... une fois de plus, je crois que je vais faire écho à ton billet...Ce que je te souhaite, c'est que cette étape ne dure pas trop et que tu finisses par arrivé au calme, à cette ah.. je ne trouve pas le mot... pas béatitude non... juste... la tranquilité oui, cette tranquilité d'âme qui fait qu'on sait que les choses sont, seront et ont été, qu'on a changé ce qu'on a pu... et qu'il faut vivre le moment présent pour ce qu'il est ...Carpe Diem

Elena 20/10/2006 13:36

Beau billet que tu m'as écrit... merci !Oui, laisser sortir cette colère... je ne sais pas comment... ????Je sais bien, avec ma tête, que cela m'apaisera, lentement mais sûrement... mais en pratique, je suis bloquée...Marie parle souvent d'être en Paix... je crois que cela vient avec l'acceptation profonde de son histoire, de ce qui a été et de ce qui ne pourra plus être changé...L'acceptation profonde et sincère... après le ressenti de la douleur liée...Que c'est dure...Merci pour tes mots... sincères... avec ton histoire... aussi... dure...

kéline 20/10/2006 08:45

oops: contre toutes les maltraitances passées
 

Elena 20/10/2006 09:20

Oui, tu as bien cerné la situation, kéline... ma colère couvre une grandre tristesse que je ne suis pas prête à vivre et à ressentir... alors comme je garde tout ça en moi, ça peut se réveiller lors de confrontation à des situations similaires...Et le mot que tu utilises, "supportable", me parle beaucoup, mais dans l'autre sens justement : c'est insupportable d'imaginer ressentir toute cette douleur de ces abus de pouvoir, de ce manque d'amour, de cette rigidité parentale, de ce non désir que j'existe... insupportable... Merci pour tes mots très lucides sur la petite Elena... tu vois, ce que tu dis me parles et je le sais déjà, mais la mise en pratique est si difficile et j'ai tellement de défenses contre cette douleur...On ne peut pas tout contrôler avec la tête : je sais que je dois lâcher-prise mais ne veut pas encore : trop de peurs....Bises...