Être soi-même

Publié le par Elena

Regard Peul, de Arietti (site)

Le regard franc de cette femme peul illustre à merveille mon article de ce soir dans lequel j'ai envie de parler du fait d'être moi-même.

J'ai appris, au fil des années de thérapie et de vie commune avec mon amoureuse, à être moi-même, sans faux semblant, de plus en plus souvent. Cela ne veut pourtant pas dire que je le suis toujours et que c'est facile.

J'ai grandi dans une famille qui ne soucait que des apparences et aucunement de ce que les individus de cette famille pouvait ressentir. J'avais l'habitude d'être dévisagée des pieds à la tête par ma mère dès que j'arrivais chez elle, et elle ne se privait jamais de critiquer, selon l'humeur de jour, soit ma coiffure, soit mes chaussures, soit autre chose encore qui lui aura plu ou déplu. C'était l'inspection de mon apparence.

Le mot même de  "ressenti" n'a pas fait partie de mon vocabulaire jusqu'au jour, à l'âge de 28 ans, où mon psy m'a proposé de faire du travail de groupe. Je lui ai demandé en quoi cela consistait et il m'a répondu qu'entre autre, les personnes participantes partageaient leur ressenti. Et ce dernier mot m'a choquée ! Je n'étais pas habituée à son utilisation !

Puis, j'ai appris par la suite à exprimer justement mon ressenti après l'avoir conscientisé. Mais ce travail sur moi a provoqué une coupure d'avec le fonctionnement familial traditionnel, personne n'ayant entamé de travail sur soi. Je suis alors devenue une extra-terrestre qui souhaitais dire ce que je ressentais, et aussi, à mon grand malheur, être entendue et reconnue dans mes ressentis.

Peine perdue.

Ce type de fonctionnement n'a pu être toléré. On m'a traiteé de folle.

Mais moi, je me suis retrouvée... jour après jour, semaine après semaine... mois après mois...

J'ai redécouvert le monde des sentiments, des émotions... puis des émois...

Au jour d'aujourd'hui, j'ai du mal à apprécier les personnes qui sont embourbées dans le monde des apprences et chez qui l'authenticité de leur être est difficile à percevoir. J'essaie le plus possible de m'écouter et d'être moi-même, et mon amie m'aide beaucoup en cela. Elle est si vraie, ne cherche jamais à cacher la merdre au chat et n'essaie pas de nier les souffrances de la vie, que cela m'aide beaucoup à être moi-même avec elle. Elle m'accepte comme je suis, du mieux qu'elle peut, avec tous mes travers...

Et je sais que je me sens bien avec les personnes qui ne jugent pas mon apparence mais qui sentent ce qu'il y a au fond de moi.

Alors un partage vrai peut avoir lieu, et c'est un bonheur.

Publié dans Réflexions...

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* AndromÚde * 17/10/2006 01:05

A la lecture de ce post, je prends conscience de la chance que j'ai eue de grandir dans une famille où ce fameux ressenti faisait partie du quotidien. Même si c'est lour à porter aussi parfois.

Elena 17/10/2006 18:03

Oui, je comprends que le ressenti peut être lours à porter et que parfois on puisse avoir envie de couper ce ressenti...Mais, vu mon chemin, je ne le voudrais pour rien au monde. Je préfère souffrir et me sentir vivante que ne pas souffrir et avoir le sentiment d'être un morte-vivante, un zombie. Mon choix est fait !À bientôt !

Kri 15/10/2006 11:50

J'adhère à cette vision surtout de puis que j'ai lu "Cessez d'être gentil, soyez vrai"

Elena 15/10/2006 12:06

J'ai aussi lu ce livre et l'ai trouvé simple mais excellent ! Être vrai est le contraire de vouloir plaire en étant gentil. C'est être soi-même, les autres ne se demandent plus alors si l'on est hypocrite et intéressé... au risque de ne pas toujours être d'accord et de ne pas se conformer à la norme...Mais aussi faut-il avoir une bonne estime de soi pour y arriver et ne pas être en manque d'amour, de reconnaissance...

Yog 13/10/2006 13:11

Etre soi-même, l'écoute de soi. Ca me parait primordial, car en niant son univers intérieur, c'est courir droit vers le refoulement et la souffrance. S'accepter tel qu'on est. C'est important d'avoir aussi de l'estime pour soi, car sinon, on entre dans un processus d'auto-destruction. Mais l'acceptation de soi, passe par le non-jugement, car sinon on entre à nouveau dans une spirale terrible. Ce n'est pas toujours facile d'être à l'écoute de soi, car il faut savoir faire la part entre notre conditionnement, nos pulsions, et notre être intérieur. Mais c'est un voyage passionnant.AmicalementYog

Elena 13/10/2006 19:12

Joli résumé de l'écoute de soi, yog.Facile à concevoir, mais peu facile à mettre en pratique, surtout lorsqu'il y a eu des dégats dans l'enfance...C'est un long chemin mais un beau chemin.Le but, c'est le chemin....

kaleyd'o 13/10/2006 03:25

Salut Elena,Tout d'abord je veux te remercier de m'envoyer dans mes profondeurs presque chaque fois que je te lis. Etre soi-même... Je suis en train de découvrir "mon moi-même" en ce moment, c'est pour cela ça me touche particulièrement le sujet. Je me suis souvent souciée des jugements des autres, le pire est que souvent "ces autres" étaient fictifs. Entre fuir les gens qui jugent et fuir mes idées qui me jugent, je suis un peu perdue. Pour l'instant je n'ai pas eu de thérapie de groupe, mais rien que partager mes idées ici, lire les autres et de ne même pas avoir peur des jugements des autres, m'aide beaucoup. Sans être obligée de mentir, en étant fière du minimum que j'ai, j'espère pouvoir partager encore. Partager et grandir...Tu as beaucoup de chance d'être avec une personne comme Marie, qui t'accepte comme tu es. Ce n'est même pas la peine de le dire car ça se voit que tu le sais. Bon, plein d'autres choses à dire encore mais je ne vais quand même pas écrire un article ici. :)Grosses bises Elena.

Elena 13/10/2006 11:54

Il y a beaucoup de façon différentes d'évoluer, de grandir et d'avancer. La seule chose importante est d'utiliser tous les événements de sa vie pour se connaître, se comprendre et se voir tel que l'on est, ce qui est la chose la plus difficile. Se remettre en question, se voir, s'autoanalyser, c'est dur... ça nous ébranle, nous rend vulnérable et demande beaucoup de courage...Mais je sais que tu comprends de quoi je parle... tu es sur cette voie là, à ta façon...Merci pour ton gentil mot sur Marie, et tu as raison sur ce que tu dis d'elle. J'ai beaucoup de chance...Je me réjouis de te lire encore... Bises.

antenor 12/10/2006 22:59

je me permets de rebondir sur ton avant dernière phrase : personne d'entre nous ne devrait se permettre de juger qui que ce soit. Il y aura (peut etre un jour) le Jugement dernier. Et par ailleurs, juger c'est un métier qui est déjà assez difficile pour ceux qui s'en occupent... Je fuis les gens qui jugent...

Elena 13/10/2006 11:50

Pour ma part, je ne crois pas au Jugement Dernier tel que nous pouvons le comprendre sur Terre. Je pense que c'est une manipulation de l'église pour entretenir une peur et soumettre les gens. La peur de l'enfer, c'est convaincant pour beaucoup, et je trouve ça très triste.Sinon, c'est vrai que c'est difficile de juger, même pour les professionnels. J'ai grandi dans le jugement permanent, et je sais que je juge moi-même beaucoup, mais c'est une attitude que je n'aime pas chez moi et que je ne trouve pas épanouissante...