Sur les pervers narcissiques

Publié le par Elena

Artiste inconnu

Ce soir, j'ai envie de vous parler des pervers narcissiques, personnalités extrêmement destructrices et que j'ai "cotoyé" personnellement pendant mon enfance.

Tout d'abord quelques définitions...

Les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu'ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu'ils refusent de percevoir. Ils «ne font pas exprès» de faire mal, ils font mal parce qu'ils ne savent pas faire autrement pour exister. Ils ont eux-mêmes été blessés dans leur enfance et essaient de se maintenir ainsi en vie. Ce transfert de douleur leur permet de se valoriser aux dépens d'autrui.

La perversion
narcissique consiste en la mise en place sur une personnalité narcissique d'un fonctionnement pervers.

Le pervers narcissique pratique la confusion des
limites entre soi et l'autre. Il incorpore les qualités de l'autre, les attribue à son soi grandiose, pour pallier à sa faiblesse du Moi. Ces qualités appropriées, il les dénie à leur véritable possesseur. La séduction est un aspect crucial de cette stratégie.

La
séduction perverse se fait en utilisant les instincts protecteurs de l'autre. Cette séduction est narcissique : il s'agit de chercher dans l'autre l'unique objet de sa fascination, à savoir l'image aimable de soi. Par une séduction à sens unique, le pervers narcissique cherche à fasciner sans se laisser prendre. La séduction conjure la réalité et manipule les apparences. Elle n'est pas énergie, elle est de l'ordre des signes et des rituels et de leur usage maléfique. La séduction narcissique rend confus, efface les limites de ce qui est soi et de ce qui est autre. On n'est pas là dans le registre de l'aliénation - comme dans l'idéalisation amoureuse où, pour maintenir la passion, on se refuse à voir les défauts ou les défaillances de l'autre -, mais dans le registre de l'incorporation dans le but de détruire. La présence de l'autre est vécue comme une menace, pas comme une complémentarité.

(Textes de
Marie-France Hirogoyen, Le Harcèlement Moral)

Mon enfance a été bercée par l'éducation d'une telle personne. Les conséquences dévastatrices ont été sur moi un comportement de défense consistant à un repli quasi autistique, une dépersonnalisation (je lui demandais ce que je pensais, incapable de le savoir moi-même !), un sentiment d'avoir été vampirisée et une incapacité à exister par moi-même sans cette personne. Sans parler du sentiment d'être une handicapée affective, incapable de vivre une quelconque relation affective, ni un quelconque lien impliquant un échange humain.

J'étais son miroir valorisant et je disparaissais derrière ce rôle qui m'avait condamnée à jouer les zombies, les mortes-vivantes.

Tout cela, c'était "hier".

Aujourd'hui, après une quête incessante formulée auprès de mon analyste de la façon suivante : "C'est quoi l'amour ?", je ne vois plus cette personne et me suis trouvée, enfin, sur mon chemin de vie en constante évolution, unique !

Quel bonheur d'être en vie !



Publié dans Réflexions...

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linka 01/01/2007 12:54

Merci pour ta réponse, je vais aller voir ton site.Je te souhaites une bonne et heureuse année 2007! :)

Elena 01/01/2007 13:49

Mon site perso a un petit problème qui j'espère va se régler bientôt...Bises et à bientôt, linka !

linka 31/12/2006 10:56

J'ai vécu avec une mère perverse narcissique, qui n'a bien sûr jamais admis qu'elle avait un problème.Je suis brisée à l'intèrieur, et rien ne changera plus aujourd'hui.Mais j'ai coupé les ponts il y a maintenant 2 ans.C'était la seule façon de survivre, et de protéger mes enfants.Mais elle me hante malgrè tout, et je suis une handicapée des sentiments.L'écriture est un bon échapatoire, et presque une thérapie....Merci pour cet article, succint mais tellement exact.

Elena 31/12/2006 16:07

Merci de ta visite et de ton témoignage, linka !Tu sembles avoir vécu les mêmes choses que moi et c'est vrai que c'est très dur de s'en sortir. Moi, j'ai du faire une thérapie pour apprendre à aimer. Personne ne m'avais appris et j'étais handicapée des sentiments, comme tu le dis si bien.Mais rien n'est définitif ! Surtout ne te condamne pas toi-même ! Tu peux y croire aussi, mais peut-être faudrait-il te faire aider... Il faut que tu y crois toi-même !Aujourd'hui, je sais ce que c'est que d'être aimée et surtout d'aimer sans souffrance. J'ai découvert ma sexualité tardivement mais j'en jouis au maximum !Rien n'est totalement perdu définitivement ! Si ça t'intéresse, tu peux aller lire un peu de ma vie et de mes relations avec ma "famille" sur mon site perso : www.elenasoleil.ch.Bises, courage à toi et à bientôt !

Louiz 26/12/2006 11:41

Tu n'es pas seule dans ce cas là, mais rares sont celles et ceux qui ont les moyens de comprendre dans quel rapport ils baignent... C'est d'ailleurs l'un des principes de la perversion narcissique. Ton témoignage permettra peut-être à d'autres personnes de se sentir moins seules, et surtout, de reçevoir l'électrochoc de la prise de conscience, car le sentiment de dépersonnalisation qui découle de la relation efface les contours de l'individu au point de remettre en question sa propre réalité. Bon courage pour la suite, et vraiment, félicitations pour avoir eu la force de relever la tête.

Elena 26/12/2006 12:03

Merci pour ce mot plein de sagesse !Il est vrai que se sortir d'une relation pervers si on y a baigné depuis l'enfance est tout un travail !À bientôt !

lorene 01/11/2006 01:44

bonsoir je viens de lire ce qui me parait la définition précise de mes ressentis par rapport à ma mère.Je me sens rassurée car lorsqu\\\'on doit faire face à un comportement pervers qui vient d\\\'un parent on a tendance à etre rappelé à l\\\'ordre par la morale et à douter de la véracité de ses émotions.Ce matin j\\\'ai prit la décision de couper les ponts avec ma mère. C\\\'est un choix difficile bien entendu qui m\\\'a demandé d\\\'outrepasser ma morale pour me libérer de sa folie et éviter d\\\'étouffer. J\\\'ai prit conscience qu\\\'il fallait faire ce choix ou me laisser mourir  tout doucement.J\\\'ai à peine 18 ans. Je ne veux pas m\\\'éteindre.Je n\\\'ai jamais eu la sensation d\\\'avoir une mère, je me suis souvent sentie abandonnée sans l\\\'ètre pourtant? Simplement parce que je n\\\'existais pas dans mes rapports avec ma mère, il n\\\'y avait qu\\\'elle partout et sa souffrance qui devait aussi etre la mienne sous peine de me voir traitée d\\\'égoiste et enfermée à la maison.Je suis partie de chez moi l\\\'an dernier à 17 ans. C\\\'est là que j\\\'ai commencé à vivre.Ce fut une sorte de naissance. Aujourd\\\'hui mon petit frère de 10 ans vit avec cette femme et ressent les mèmes choses que la petite fille que j\\\'étais. Je me sens un peu impuissante sachant que l\\\'unique solution a été pour moi la fuite et la rupture.Je le sais précoce et jouant un double jeu mais j\\\'ai peur. Je sens que son enfance à lui aussi lui est enlevée.Je voulais témoigner car ma vie vient de prendre une tournure nouvelle aujourd\\\'hui meme et ce texte sur votre blog m\\\'a redonné de la force.Je sais que je dois dès à présent me construire, me faire femme, sans repère aucun. Et ce soir en faisant des recherches sur les pervers narcissiques je suis tombée sur vous. Je n\\\'en ai encore parlé à personne depuis ce matin.C\\\'est chose faite ici.bien à vous . lorene

Elena 01/11/2006 18:46

Bonjour lorene ! Je te remercie de ton témoignage très touchant sur ta vie et ta mère. Quelque part, je comprends un peu ce que tu dévoiles ici (merci pour ta sincérité...) ayant moi-même une mère de ce type. Si ça t'intéresse, tu peux lire mon histoire de vie et ma relation avec ma mère, mais aussi avec mon père et cie sur mon site perso (www.elenasoleil.ch). Tu verras un peu ma vie, peut-être cela pourra-t-il t'aider un peu...Comme tu le dis, tu dois te construire avec ton histoire, avec la mère que tu as eue, et ça n'est pas facile. Mais tu es jeune et a pris conscience assez tôt dans ta vie de la réalité du comportement malsain de ta mère. Moi, je ne me suis posée des questions qu'à l'âge de 28 ans. Tu as toute la vie devant toi et ta lucidité, ton courage pour voir les choses telles qu'elles sont et ton désir de vivre t'aideront j'en suis sûre !En ce qui concerne ton frère, je comprends que c'est très dur pour toi. Malheureusement, je ne vois pas très bien ce que tu peux faire pour le tirer de là. Il a son histoire à vivre, son chemin de vie à suivre. On ne peut pas dénoncer une mère à la justice pour ce type de maltraitance, c'est trop "invisible". Tu peux par contre t'occuper de toi, d'aller mieux, de te reconstruire, de vivre et faire savoir à ton frère que tu le comprends et que tu seras là pour lui toujours quand il aura besoin de toi...en tout cas bon courage et n'hésite pas à m'écrire si tu en sens l'envie ou le besoin...Je t'envoie une belle pensée....

kaleyd'o 09/10/2006 07:23

Les gens qui nous font du mal. Il y'en a qui ne sont pas conscients de ce qu'ils font, on les comprend peut-être mais ça nous oblige absolument pas à subir.L'important est de s'en sortir, oui, mais l'important est de comprendre aussi.A travers tes billets, je comprend certaines choses dans ma vie aussi, la théorisation de certaines idées que j'avais d'une certaine personne m'aide à comprendre ce que j'ai vécu avec elle. Vraiment quel bonheur d'être en vie, d'être réveillée...

Elena 09/10/2006 17:36

Je suis heureuse que mes réflexions t'aident à avancer sur ton chemin, c'est aussi un des buts de mon blog !Alors bonne continuation à toi, vraiment !