C'est quoi une famille ???

Publié le par Elena

 

The Family, peinture de Samuel Bak  (site)

 

C'est quoi une famille ???

Je ne sais pas...

Entre la famille de naissance et celle qu'on se crée, je me sens perdue... La famille qu'on se crée peut-elle palier aux manques provenant de la famille d'origine ? Et une famile comporte-t-elle forcément des enfants ? Un couple forme-t-il une famille ?

Que de questions qui me viennent parce que, évidemment, je suis en manque d'un papa et d'une maman. Ils sont vivant, ils habitent près de chez moi, mais nous nous ignorons royalement. mon père plus absent qu'il ne l'a jamais été, et ma mère plus ignorante que jamais. Et moi, me direz-vous ? Moi, je fais pareil : je fais semblant de les ignorer mais malgré moi je pense à eux, souvent.

Et mon frère ? Il m'a dit droit dans les yeux qu'il s'en fout de moi et qu'il vit très bien sans me voir.

Et mon beau-père ? Celui que je considérais comme plus que mon père, mon vrai père étant le roi des absents ? Il s'est aussi éloigné de moi lorsqu'il a divorcé de ma mère (je lui rappelais trop ma mère !) pour prendre définitivement ses distances.

Voilà un joli tableau, j'espère que vous êtes au bord des larmes que je suis pas mal douée pour me victimiser, vous ne trouvez pas ?

Trève de plaisanteries ! Le tableau que j'ai trouvé ci-dessus me fait penser à beaucoup d'éléments d'une même famille mais qui souffrent chacun dans le silence, avec un regard de mort, vide de toute émotion. Pourtant, ils ne sont pas loin les uns des autres mais ils ne se voient pas, ne se regardent pas. Ils sont morts dedans. Quel gâchis !

Qu'y a-t-il de pire que l'indifférence, l'ignorance de l'existence même de l'autre ? Rien diront les psychanalystes et les psychologues. La violence, si terrible soit-elle, manifeste l'existence d'un lien, la reconnaissance de l'existence de l'autre. Mais l'indifférence tue le sentiment même d'exister. Alors c'est une lutte de tous les jours pour me sentir vivre, exister, être malgré ce déni de ceux qui m'ont conçue. Pour eux, j'ai été méchante alors ils me punissent en niant mon existence même et en me faisant payer à vie mon comportement impardonnable.

Comment dans ces conditions connaître le sentiment d'une vraie famille ? Je n'y arrive pas.

Je me sens seule. Et Marie, malgré tout son amour, sa présence qui me sont inestimables, n'arrive pas à combler ce manque originel en moi, cette douleur de l'absence de parents. Nous nous guérissons mutuellement mais la souffrance ne partira jamais totalement, entièrement et définitivement. La douleur n'est plus purulente, vive et aigue, elle est devenue chronique et suinte de temps en temps. La vie est vivable mais certaines circonstances propices font ressurgir des tréfonds de mon âme les douleurs anciennes et à jamais présente en moi.

Chacun a sa croix à porter sur cette terre, voici une des branches de la mienne....


Publié dans Réflexions...

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Lore M 30/05/2008 17:17

La famille vaste question...Il faut faire la paix avec soi, et après seulement l'on peut faire le chemin du pardon difficile. Mais c'est dur sans les bases qui étaient censer nous construire. Souvent, si tu remontes le chemin, tu découvres que ta mère ou ton père ont vécu quelque part ce que tu vis, ils reproduisent... et si tu n'y prends pas attention, tu reproduiras aussi...Faire la paix avec soi, se construire, essayer de voir chaque signe de la vie, même difficile, comme un bienfait, un parcours qui nous apprend quelque chose.Bravo pour ton blogLore

Elena 24/06/2008 22:33


Effectivement, comme tu le dis, Lore, mes parents n'ont pas non pu eu la vie simple et ils ont eux aussi des douleurs non récolues. Cependant, leur histoire n'annule
pas la mienne et on peut d'ire qu'ils ont reproduit leurs souffrance avec leurs enfants, n'ayant pas fait de travail sur le blessures.

Mais attention ! Il ne faut pas condamner toute personne à la reproduction ! La prise de conscience, l'céoute de soi et de son histoire, son respect permettent d'éviter de reproduire.

À bientôt !


ibios 29/05/2008 23:17

hello,En substance ; je pense que la famille c'est une base solide et essentielle, car ce sont les racines pour l'humain.La famille c'est celle de l'unité de la race et puis celle des affinités de sang et par conséquent de sentiments.Amicalement.

Elena 30/05/2008 15:19


Salut ibios,

Je ne peux pas dire que je sois d'accord avec toi, et je me demande si tu as bien lu mon texte. Pour moi, la famile n'est justement pas ce qu'elle devrait être et les liens du sang n'ont finalement
aucun sens en lein avec les sentiments.

À bientôt !


Nathalie 21/03/2008 03:22

Salut Elena!
Je ne vois pas mes parents tout comme toi.  Chose certaine c'est qu'ils sont bien là à l'intérieur de moi, ne serait-ce que par tout ce temps que je mets, chaque semaine, à tenter de comprendre la dynamique relationnelle avec eux, celle d'avant.  Albert Jacquard dit que nous sommes les liens que nous tissons, une façon de dire que l'on porte en soi les gens significatifs de notre vie.  Malheureusement, trop d'adultes procréent sans avoir ce qu'il faut pour créer avec l'autre une relation saine, alors comment pourraient-ils construire un contexte familial sain.  Ils sont très carencés eux-mêmes et transmettent les conséquences de ce qu'ils ont subit à leurs enfants.  Mes parents sont de ceux-là.  Les ouvrages d'Alice Miller sont très enrichissants à ce sujet.  Je pense ici à "C'est pour ton bien", "L'Enfant sous terreur" et le "Drame de l'enfant doué". 
J'idéalise de moins en moins le "Parent" en regardant de plus près quels genres d'individus étaient mes parents au-delà du lien entre nous.  Maintenant que je ne les vois plus je pourrais croire que je suis en manque de parents et de liens familiaux.  Mais est-ce bien cela ma plus grande source de douleur?  Ou bien est-ce que leur indifférence d'aujourd'hui me connecte beaucoup à celle d'autrefois, alors que j'étais enfant et que je dépendais totalement d'eux pour ma survie?  S'ils étaient capables d'une telle indifférence avant, alors que j'étais enfant, ont-ils déjà été des "Parents"?  L'indifférence peut aussi prendre la forme d'une incapacité à créer et maintenir les liens.
C'est quoi une famille?  Je crois qu'il y a antant de définitions que d'individus.  Il y a celle qu'on a eu, celle qu'on a rêvé avoir...Celle à laquelle il faut souvent renoncer pour se donner le droit, plus tard, de créer des liens avec des personnes davantage susceptibles de répondre à nos besoins affectifs et relationnels. 
Par ailleurs, j'aime bien ta façon d'articuler tes idées par écrit.  C'est agréable de te lire.

Elena 25/05/2008 19:34


Salut Nathalie !

Merci pour ton témoignage, c'est toujours intéressant d'avoir le point de vue de personnes qui vivent des choses similaires à soi, surtout quand c'est douloureux !

À bientôt !